Les figures de la Grâce
Ganesh : la grâce qui ouvre le chemin
Parmi les grandes figures de la Grâce, Ganesh est sans doute la plus familière et la plus aimée. À la fois protecteur et bienveillant, il incarne cette force tranquille qui se dresse à l’entrée de chaque chemin pour en garder le passage. On le connaît comme « celui qui lève les obstacles », mais il est aussi celui qui les place, car chaque obstacle est une invitation à grandir.
Fils de Shiva et Parvati, à la tête d’éléphant et au ventre arrondi, sa sagesse n’est pas celle des livres mais celle du corps patient, enraciné, attentif. Comme l’éléphant, il avance sans se presser, mais rien ne peut le faire dévier de sa route.
Son iconographie elle-même est un enseignement :
- ses deux pieds (l’un posé fermement au sol, l’autre replié) nous enseignent l’équilibre entre incarnation et transcendance,
- à ses côtés, son humble monture, le rat, rappelle que même le mental dispersé peut, dompté, devenir un allié,
- ses grandes oreilles nous rappellent d’écouter davantage,
- sa petite bouche nous invite au silence,
- sa trompe, souple et forte, nous apprend l’adaptation.
La symbolique de Ganesh dans notre pratique
Dans le yoga, Ganesh se relie directement à Muladhara chakra, le centre racine. C’est là qu’il veille : dans notre ancrage, dans la solidité de nos fondations, dans cette confiance simple qui nous permet de nous lever chaque matin et de marcher dans le monde.
Pratiquer sous l’égide de Ganesh, c’est apprendre à reconnaître ses obstacles non comme des ennemis, mais comme des portes. C’est cultiver la stabilité du bassin, la régularité du souffle, la patience du mouvement. Chaque Tadasana (montagne), chaque assise stable, chaque respiration dans le hara* devient une invocation silencieuse de son énergie.
Quand Ganesh ouvre le passage
Méditer avec Ganesh, c’est s’approcher d’une porte intérieure.
On dépose devant lui nos inquiétudes, nos résistances, et l’on attend dans le silence qu’il décide d’ouvrir. Ce n’est pas une ouverture forcée : c’est un seuil franchi en confiance.
Son mantra, Om Gam Ganapataye Namaha, « Je rends hommage à Ganesh », fait vibrer le bassin et résonner Muladhara. Répété doucement, il devient comme un pas régulier, une marche intérieure qui nous fait traverser nos peurs et retrouver la voie.
Avec Ganesh, on apprend que l’obstacle n’est pas un mur, mais un passage. Que la vie ne nous met jamais face à une épreuve sans nous offrir, en même temps, la force de la franchir.
Figures archétypales résonantes
Gaesh rejoint Hestia, gardienne grecque du foyer, protectrice des seuils. Ou bien Janus, dieu romain des commencements et des portes, ou encore Budai, plus connu sous le nom de « Bouddha rieur », figure de sagesse joyeuse et protectrice.
Partout, il prend le visage de celui qui veille à nos débuts, qui bénit nos projets, qui nous rappelle que la véritable prospérité vient d’une base solide et d’un cœur confiant.
* Centre du corps, zone de l’épigastre selon les Dantians japonais : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dantian

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